Sans voir, ils pilotent

Initiative

L’association Accessi méca sports tente, depuis plus d’un an, de mettre les sports mécaniques à portée des personnes non ou malvoyantes.
Le bruit d’un moteur brise le silence de la campagne du Louroux. Rien à voir avec celui, plus habituel, des remorqueurs qui donnent l’impulsion nécessaire aux planeurs de l’aérodrome voisin. Malgré la pluie drue qui tombe en cet après-midi d’automne, les membres de l’association Accessi méca sports enchaînent les tours, les uns après les autres, sur leurs quads.
« On est vraiment déçus de ce temps, mais on n’est pas là pour s’amuser. Si on tourne, c’est pour une raison bien précise. Tout ce que l’on voit en théorie, il faut qu’on puisse le mettre en pratique. » Pas question pour Martin Baron et les autres membres de l’association de baisser pavillon. Même sous la pluie.

« Les gens imaginent, quand ils entendent parler de nous, que le but ultime est d’ouvrir notre circuit aux personnes malvoyantes ou non-voyantes. Bien-sûr, on rêve de pouvoir faire ça un jour. Mais le but de l’association, avant tout, c’est de permettre aux personnes en situation de handicap visuel de pouvoir pratiquer les sports mécaniques en autonomie, explique Martin (qui est par ailleurs médaillé d’argent avec l’équipe de France de cécifoot aux Jeux paralympiques de Londres). Et si cela passe par le quad pour l’instant, c’est parce que c’est le moyen que nous avons à disposition ! » Les tours de piste réalisés à toute allure sont donc la concrétisation des recherches théoriques faites par les membres de l’association, une application réelle.

Du rêve à la réalité…

Créée en 2011 par un groupe de huit membres fondateurs – rejoints depuis par un neuvième –, l’association n’a pas vocation à accueillir un grand nombre d’adhérents. Pas encore, du moins. Mais elle souhaite faire parler d’elle. « Alors que nous devrions nous concentrer sur la recherche, nous passons le plus clair de notre temps à chercher… des sponsors, déplore Romain Richard. Pourtant, on sait que pour que nos projets prennent une autre dimension, il va nous falloir du soutien financier ».

Les progrès réalisés depuis la création d’Accessi méca sports sont impressionnants. Les membres de l’association, pour la plupart non-voyants ou malvoyants, parviennent à piloter leurs engins avec quelques aides, notamment celle d’un guide. Mais pas question pour eux de céder le guidon de leur quad : moins d’intervention extérieure il y a, plus ils apprécient.

C’est pour pouvoir, un jour, grimper seuls sur leurs montures qu’ils continuent, jour après jour, tour après tour, à essayer de faire avancer leurs techniques. « Et qui sait, un jour, peut-être pourra-t-on envisager de participer à des compétitions de sports mécaniques », espère Martin Baron. Un fossé existe encore entre le rêve et la réalité. Un fossé que l’association tente de combler.

Benjamin Henry

Source :
La Renaissance Lochoise du 12 décembre 2012

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