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ACCESSI MÉCA SPORTS
Piloter sur un circuit en toute autonomie, alors que vous êtes déficient visuel ? Et pourquoi pas ?! En tout cas, c’est le défi que s’est lancé l’association Accessi Méca Sports, créée en 2011 en Tourraine, par des passionnés de sports mécaniques… mal et non voyants !
« Mag’Eye’Zine : – Bonjour Romain RICHARD, vous êtes le président de cette association ?
Romain : – Non, je suis trésorier cofondateur. Notre président, actuellement Antoine BARRON, doit être voyant, avoir une expérience dans les sports mécaniques et faire preuve d’objectivité.
M’E’Z : – Quel est le but de votre association ?
R : – Le but, c’est de rendre accessible et autonome la pratique des sports mécaniques pour les personnes mal ou non voyantes, en n’ayant qu’une machine et un pilote, sans copilote.
M’E’Z : – Comment une telle prouesse est-elle possible ?
R : – Pour le moment, nous avons créé nous-mêmes, et de façon artisanale, un boîtier qui permet à une personne non voyante, aidée par une personne voyante en bord de circuit, de se situer par rapport à la piste (au milieu, ou sur un côté). C’est le pilote qui décide de sa trajectoire, la personne voyante n’est pas là pour lui indiquer ce qu’il doit faire.
En ce qui concerne le circuit en lui-même, nous plaçons des objets tactiles. Par exemple, sur une piste goudronnée nous placerons des câbles au sol avant un virage, et des tubes s’il s’agit d’un terrain de cross.
Pour les mal voyants, nous avons installé des balises visuelles au bord de la piste, mais nous essayons de développer un boîtier du même genre que pour les non voyants, car ces balises ne sont pas ce qu’il y a de mieux en termes de sécurité. Par contre, le but est que le pilote mal voyant puisse continuer à utiliser ses restes visuels pour piloter.
Le but est de créer deux boîtiers différents, un pour les mal et un pour les non voyants, qui soient adaptables à tout type de machine.
M’E’Z : – Quel genre de machine souhaiteriez-vous rendre accessibles en termes de pilotage ?
R : – Aujourd’hui nous faisons du quad, du kart… nous aimerions tout adapter, jusqu’au jet-ski ; tout est imaginable !
M’E’Z : – Est-ce qu’on peut, aujourd’hui, vous solliciter pour faire des tours de circuit avec vous ?
R : – Nous avons beaucoup de demandes. Le problème, c’est que le prototype de notre boîtier fonctionne bien, mais n’est pas forcément au point pour des personnes qui n’ont pas l’habitude de pratiquer des sports mécaniques. Nous avons besoin de développer ce produit, et d’en fabriquer plusieurs. Une entreprise est déjà très intéressée par notre projet, nous avons établi un cahier des charges et un devis. Un boîtier coûterait environ 20 000 euros. De plus, il faut imaginer une normalisation, qui n’existe pas dans ce domaine. Et cela a un coût qui s’élève à près de 40 000 euros. Aujourd’hui, nous sommes donc plus dans une phase de développement de notre produit, ainsi que de soutien financier. Mais nous espérons vite pouvoir offrir la possibilité à toute personne déficiente visuelle, ou voyante qui voudrait se mettre dans notre situation, de piloter une machine sur circuit en toute autonomie.
M’E’Z : – Avez-vous d’autres projets, sur le long terme ?
R : – Et si le sport mécanique pour déficients visuels, devenait un sport à part entière ? »
Vous pouvez entrer en contact avec l’association Accessi Méca Sports et/ou la soutenir en vous rendant sur leur site internet : www.amecasports.fr

Article paru dans le n°1 de Mag’Eye’Zine Le site de Mag’Eye’Zine

Sans voir, ils pilotent

Initiative

L’association Accessi méca sports tente, depuis plus d’un an, de mettre les sports mécaniques à portée des personnes non ou malvoyantes.
Le bruit d’un moteur brise le silence de la campagne du Louroux. Rien à voir avec celui, plus habituel, des remorqueurs qui donnent l’impulsion nécessaire aux planeurs de l’aérodrome voisin. Malgré la pluie drue qui tombe en cet après-midi d’automne, les membres de l’association Accessi méca sports enchaînent les tours, les uns après les autres, sur leurs quads.
« On est vraiment déçus de ce temps, mais on n’est pas là pour s’amuser. Si on tourne, c’est pour une raison bien précise. Tout ce que l’on voit en théorie, il faut qu’on puisse le mettre en pratique. » Pas question pour Martin Baron et les autres membres de l’association de baisser pavillon. Même sous la pluie.

« Les gens imaginent, quand ils entendent parler de nous, que le but ultime est d’ouvrir notre circuit aux personnes malvoyantes ou non-voyantes. Bien-sûr, on rêve de pouvoir faire ça un jour. Mais le but de l’association, avant tout, c’est de permettre aux personnes en situation de handicap visuel de pouvoir pratiquer les sports mécaniques en autonomie, explique Martin (qui est par ailleurs médaillé d’argent avec l’équipe de France de cécifoot aux Jeux paralympiques de Londres). Et si cela passe par le quad pour l’instant, c’est parce que c’est le moyen que nous avons à disposition ! » Les tours de piste réalisés à toute allure sont donc la concrétisation des recherches théoriques faites par les membres de l’association, une application réelle.

Du rêve à la réalité…

Créée en 2011 par un groupe de huit membres fondateurs – rejoints depuis par un neuvième –, l’association n’a pas vocation à accueillir un grand nombre d’adhérents. Pas encore, du moins. Mais elle souhaite faire parler d’elle. « Alors que nous devrions nous concentrer sur la recherche, nous passons le plus clair de notre temps à chercher… des sponsors, déplore Romain Richard. Pourtant, on sait que pour que nos projets prennent une autre dimension, il va nous falloir du soutien financier ».

Les progrès réalisés depuis la création d’Accessi méca sports sont impressionnants. Les membres de l’association, pour la plupart non-voyants ou malvoyants, parviennent à piloter leurs engins avec quelques aides, notamment celle d’un guide. Mais pas question pour eux de céder le guidon de leur quad : moins d’intervention extérieure il y a, plus ils apprécient.

C’est pour pouvoir, un jour, grimper seuls sur leurs montures qu’ils continuent, jour après jour, tour après tour, à essayer de faire avancer leurs techniques. « Et qui sait, un jour, peut-être pourra-t-on envisager de participer à des compétitions de sports mécaniques », espère Martin Baron. Un fossé existe encore entre le rêve et la réalité. Un fossé que l’association tente de combler.

Benjamin Henry

Source :
La Renaissance Lochoise du 12 décembre 2012

Ils pilotent des quads en se passant de leurs yeux

Au Louroux, un circuit de quad pour malvoyants et non-voyants est né. Le public le découvrira samedi. Un médaillé aux jeux Paralympiques sera là…

Imaginez-vous aux commandes d’un quad lancé à une certaine vitesse. Imaginez désormais que vous n’y voyez rien.

A priori, être non-voyant (ou malvoyant) semble incompatible avec la pratique indépendante d’un sport mécanique. A priori seulement. Au Louroux, ils sont une dizaine, réunis au sein de l’association « Accessi Méca Sports », à avoir relevé le défi. Résultat : Martin Baron, atteint de cécité, pilote parfois à 80 km/heure. Et sa performance n’a aucun lien avec le fait que ce jeune Tourangeau vient de décrocher une médaille d’argent aux jeux Paralympiques de Londres en Cécifoot, football joué par des non-voyants (lire la NR du 30 août).
Peu à peu, un véritable circuit adapté a vu le jour sur un terrain appartenant à la famille Baron, à quelques mètres de l’aérodrome du Louroux. Les pilotes sont seuls au guidon de leur quad. Au sol des barres indiquent à ceux qui sont aveugles, au moment où ils les franchissent, qu’il leur faut freiner ou bien tourner. Un système sonore leur permet de savoir où ils se trouvent sur la piste. Même si ce type de circuit est quasiment unique en France, les membres d’« Accessi Méca Sports » ne souhaitent pas trop entrer dans les détails de ce dispositif auditif pour ne pas se faire voler l’idée. « Nous sommes en train de développer une technologie qui permettra réellement aux non-voyants de conduire en totale autonomie », complète Romain Richard, membre d’« Accessi Méca Sports », lui-même malvoyant.

Contrastes

Pour les malvoyants, des jalons ronds et peints en blanc balisent la piste (flexibles au cas où les non-voyants rouleraient dessus). Certaines barres fixées au sol sont hachurées en rouge et blanc, pour signaler les endroits où il est nécessaire de freiner. « Pour nous, plus il y a de contrastes, mieux c’est », poursuit Romain Richard. Jusqu’à la piste, qui est davantage tondue que les abords. « Cette année, nous nous sommes concentrés sur l’accessibilité aux non-voyants. L’an prochain, on accentuera nos efforts envers les malvoyants. » L’association aimerait notamment travailler avec un ophtalmologiste.
Samedi, le circuit ouvre ses portes au grand public (lire ci-dessous). Chacun pourra notamment tester le quad, muni de lunettes simulant les divers troubles de la vue qui se cachent sous le mot de « malvoyant ». Une expérience impressionnante. Dernier « détail » : le médaillé d’argent aux Jeux de Londres, Martin Baron, sera là…

la phrase

 » Décider de sa trajectoire, peaufiner son point de freinage, ressentir les sensations de pilotage, et tout ceci de manière autonome, voilà notre défi.  »

« Les personnes ne sont pas téléguidées ! Elles sont vraiment autonomes », explique Romain Richard, membre d’« Accessi Méca Sports » (lire ci-contre). Cette association, créée il y a très exactement un an, rassemble neuf personnes, réunies par la passion des sports mécaniques. Leur but : rendre accessible la pratique de ces sports à ceux qui sont partiellement ou complètement privés de la vue.

Pierre Calmeilles

Source:
La Nouvelle République du 9 septembre 2012

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